Conversations de Montbéliard
Parallèlement à son exposition au Centre d’Art, Burkard Blümlein investit le Musée d’Art
et d’Histoire pour lequel il élabore une nouvelle présentation des collections. Intervenant dans quelques vitrines choisies, réorganisant la constellation d’objets, remplaçant divers objets historiques par d’autres objets, neufs, trouvés, achetés ou fabriqués par lui-même, il renverse
la lecture habituelle d’une présentation muséale et propose une autre lecture, celle-ci basée davantage sur l’imagination et le soupçon que sur le classement et l’explication.
Les objets d’origines et de statuts très divers nouent des relations formelles et sémantiques
entre eux. Ainsi, ils entament des conversations tournant autour de sujets dont on ne s’attend pas
à ce qu’ils soient traités dans les vitrines d’un musée historique. Voici des jouets du 18ème
et du 19ème siècle mener une conversation avec des noix cassées et recollées ou une pelote déroulée et ré enroulée. On y parle de travaux inutiles et joyeux, de l’activité comme telle, sans autre but que d’être accomplie. Dans d’autres vitrines, les objets historiques et leurs « invités » vont parler de couple, d’équilibre, de reflet et de symétrie ou alors, discuter sur la bonne mesure, sur l’espace et le temps, sur les actes précis et les actes plastiques, sur les traces de la vie quotidienne ou sur la musique mécanique des petits légumes.
Le spectateur est invité à assister à ces conversations menées à voix basse. Il est amené à prêter l’oreille, à écouter attentivement, à jouer le détective et à se laisser surprendre.
Le 19, CRAC de Montbéliard, Pressetext
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